Qualité de l’air pour la Métropole /// Conseil Métropole 23.03.15 /// Intervention Bertrand Artigny

INTERVENTION DE BERTRAND ARTIGNY

Je souhaite profiter de l’examen de cette délibération pour intervenir sur la situation préoccupante de pollution atmosphérique que nous connaissons depuis plusieurs jours et qui ne cesse de se reproduire, sans que nous ayons le sentiment de pouvoir agir, ou bien seulement de manière curative.

Or, EELV est convaincu que nous ne pourrons réellement combattre cette situation dangereuse pour la santé de nos concitoyens les plus fragiles, que par une action politique déterminée et volontariste, résolument tournée vers de la prévention.

Bien entendu, nous encourageons les autorités préfectorales à  prendre des mesures d’urgence de restriction des activités polluantes, et à s’assurer également de leur application, mais nous rappelons qu’un pic de pollution ne vient pas d’un seul coup. Aujourd’hui, nous pouvons connaître à l’avance les conditions climatiques propices à ces pics de pollution ; il est donc possible d’en informer toute la population et ainsi d’anticiper les mesures d’urgence à appliquer.

Le manque de visibilité des mesures de communication fait que la passivité et l’inaction font office de politique.

Pour sortir au plus vite de ces épisodes de pollution, l’ensemble des acteurs politiques et économiques doit s’impliquer. Nous pouvons toujours demander à nos concitoyens de préférer le covoiturage, le vélo, la marche à pied, les transports en commun, mais si nous ne montrons pas l’exemple, si nous ne sommes pas vertueux en la matière, si nous ne sommes pas en capacité de réduire nos propres impacts sur la qualité de l’air, comment pourrons nous être crédibles. Cela restera parole en l’air.

Nous devons engager de véritables mesures structurelles de diminution des émissions des Gaz à effets de serre. Le plan Climat Énergie du territoire métropolitain évoque le développement du co-voiturage, les espaces de travail partagés (le coworking) ou encore la promotion du télétravail, pourquoi ne pas se l’appliquer à nous-mêmes, et aux agents de la métropole quelle que soit la catégorie. Il nous faut aussi repenser dans le même temps notre parc de voitures de service non seulement quantitativement, mais qualitativement en privilégiant d’autres motorisations, au détriment des diésels et des essences.

A cet égard, nous avons pris bonne note que l’ex Grand Lyon était engagé dans une démarche ISO 14001, mais ce type de démarche ne concerne que les moyens et ne fixe pas d’objectifs de réduction des émissions de particules fines issus des moteurs diésels, par exemple. Dans cette délibération, nous notons que seuls 230 VL sont équipés de bicarburation alors que nous disposons de 1310 véhicules. Un autre chiffre : en 2012, nous avions 27 véhicules électriques pour un parc total 1130 véhicules. C’est trop peu. Et la situation ne s’est pas améliorée depuis de manière significative. Certes la consommation moyenne par véhicule a baissé, mais comme le nombre de véhicules augmente, nous ne contribuons pas à l’amélioration de la situation.

Par communiqué de presse, EELV a demandé à monsieur le Préfet d’organiser des Assises de l’air avec les principaux acteurs politiques et économiques de la Métropole. Si cela ne peut se faire, pourquoi ne pas organiser nous-mêmes ces assises ?

Nous voterons tout de même favorablement cette délibération car elle sous-tend une volonté de réduire la consommation de carburants par une meilleure utilisation des cartes accréditives. Mais cela reste bien trop peu par rapport aux enjeux de qualité de l’air.

Délibération n° 2015-238

Fourniture de carburants par cartes accréditives pour les véhicules de services du Grand Lyon – Autorisation de signer les marchés de fournitures à la suite d’une procédure d’appel d’offres ouvert