Plan d’urgence Métropolitain : les propositions des écologistes
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Alors que la Métropole doit voter aujourd’hui son plan d’urgence liée à la crise sanitaire en cours, les écologistes font des propositions pour l’enrichir afin que la collectivité soit au rendez-vous de la solidarité en intégrant les enjeux de la crise écologique. 

Pour les écologistes, cette crise sanitaire a agi comme le révélateur brutal de l’impasse des logiques libérales qui se sont succédées depuis des décennies au pouvoir. Le secteur hospitalier sous pression financière permanente depuis 15 ans démontre l’incapacité des logiques de marché étendues à tous les secteurs publics à anticiper les crises. 

Cette crise est donc un avatar de plus d’une crise systémique plus globale. Celle d’une économie globalisée qui a produit sa fragilité par la conquête et la domination du vivant, par l’épuisement des ressources par ses logiques financières.

Il est temps de penser la résilience et le respect du vivant à tous les échelons de notre société. La Métropole détient la compétence sociale : elle doit donc aussi se réinventer face à la crise sociale qui s’ajoute maintenant à la crise sanitaire, tout en anticipant les crises à venir liées au dérèglement climatique. 

Pour les écologistes, notre Métropole doit se doter de nouveaux indicateurs de bien être et soutenabilité pour orienter nos politiques publiques puisque la croissance comme seule boussole nous a conduit dans le mur

Pour enrichir le plan d’urgence Métropolitain en créant de nouvelles solidarités dans le cadre de la transition écologique indispensable, les écologistes font les propositions suivantes :

  • Protéger les plus vulnérables. Toutes les personnes vivant dans des squats et des campements sur notre territoire notamment à Lyon, Vaulx-en-Velin, Villeurbanne doivent être mises à l’abri et confinées dans des conditions dignes (hôtels, bâtiments vacants,…). 
  • Soutenir les salariés en première ligne. Celles et ceux qui agissent auprès de nos aînés et des personnes en situation de handicap à domicile et en structure d’accueil doivent bénéficier d’une prime de risques. La Métropole doit ajuster en ce sens le montant des subventions à l’ensemble des associations qui assurent ces services.
  • Créer un fond d’urgence sociale : pour garantir à toutes et tous des conditions de vie dignes  (habitat, alimentation, énergie…), notamment les personnes qui vont perdre leur emploi, être au chômage partiel, les étudiants sans revenus…
  • Décarboner nos finances. La Métropole doit contracter ses emprunts auprès d’établissements bancaires qui n’investissent pas dans les énergies fossiles. La Métropole doit aussi se doter de nouveaux fonds et circuits financiers responsables pour notre territoire à l’instar de la Ville de Paris et ses greens bonds (obligations émises pour financer des projets de transition écologique)
  • Penser de nouvelles protections sociales. Si l’assouplissement des conditions d’accès au RSA vont dans le bon sens, elles doivent ouvrir la voie vers la création d’un revenu de base. Nous défendons notamment l’expérimentation d’un RSA Jeunes.
  • Adapter l’espace public aux nouvelles contraintes pour nos déplacements. La pollution de l’air semble avoir un rôle d’accélérateur de la contamination du COVID19. Il devient donc crucial que, face aux problèmes de distanciation sociale dans les transports en commun, les déplacements ne se reportent pas vers la voiture individuelle. Outre la mise en place rapides d’axes provisoires dédiés aux vélos et trottinettes qui préfigureront un réseau express vélo, il faudra aussi repenser la place des piétons dans nos villes, notamment la largeur des trottoirs, afin d’assurer la distanciation sociale. L’espace préalablement dédié à la circulation des voitures et au stationnement doit être en partie ré-alloué aux piétons et aux vélos. 
  • Encadrer les loyers. L’allègement des loyers des acteurs économiques hébergés par la Métropole n’est pas suffisante. Les entreprises locataires dans le parc privé qui seront en difficulté doivent aussi être soutenues, de même que les ménages qui ne pourront plus payer leur loyer suite à une perte de revenus. A terme, pour limiter le coût des loyers dans le budget des ménages, il sera temps de mettre en place l’encadrement des loyers là où il est possible de l’expérimenter sur le territoire métropolitain.
  • Affecter l’hébergement touristique à une vocation sociale Les capacités de l’hébergement touristique vacantes cet été, notamment du fait de la faiblesse du tourisme international, doivent pouvoir être converties en logement temporaire pour des situations d’urgences sociales ou pérennes pour étudiant-e-s, grâce aux fonds de notre office du tourisme. 
  • Accompagner le secteur culturel. Au-delà du plan de soutien au secteur métropolitain, pour l’année scolaire 2020-2021, la Métropole peut proposer aux collégiens une offre culturelle inédite, pour la pause méridienne et les mercredis et samedis ainsi que les vacances scolaires.

2 réflexions au sujet de “Plan d’urgence Métropolitain : les propositions des écologistes

  1. Bonjour
    Sur l’item « Soutenir les salariés en première ligne. », d’accord pour verser une prime aux auxiliaires de vie qui ont beaucoup travaillé en allant aux domiciles des personnes âgées ou handicapées (versus celles qui se sont mises en arrêt maladie). Mais ce n’est pas une prime « de risques » car il y a moins de risques d’attraper le covid en allant travailler chez une personne qui est confinée que d’aller travailler dans un magasin ou un établissement par exemple. Le risque est plutôt pour la personne fragile qui voit entrer à son domicile des salariés pouvant lui apporter le virus.

  2. Je pense que toutes ces mesures sont surement indispensables, mais qu’est ce qu’une métropole sans nourriture saine, ou sans matière tirées de la nature? les urbains doivent absolument se rendre compte qu’ils dépendent de l’agriculture, foresterie, etc…. Ce qui signifie + de liens à établir à nouveau entre les villes et les campagnes (qui ne sont pas juste des lieux de villégiature). Le conglomérat d’humains urbanisés est sans doute à l’origine de bien des maux qui sévissent dans nos villes, comme si les urbains vivaient hors sol, transfusés par les biens de consommation que la mondialisation leur permet d’acquérir. Je pense qu’il faut recréer des nouveaux liens + solidaires entre villes et campagnes afin de démarrer une vraie révolution écologique, basée objectivement sur l’inter dépendance entre humains de tous horizons territoriaux. L’économie saine en découlera ( /santé, /solidarité, /protection du vivant, /matériaux de construction écologiques, /équipements des habitats), puisqu’il faut arrêter cette mondialisation frénétique qui tue notre planète à une vitesse vertigineuse (nous n’avons plus le choix).
    Vivement cette future révolution verte, qui redonnera du travail à tous, d’ailleurs.

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