Conseil Métropole / Réfugiés / Béatrice Vessiller

Conseil de la Métropole du 24 juin 2019

Intervention de Béatrice Vessiller

N° 2019-3580 – Partenariat entre la délégation interministérielle pour l’accueil et l’intégration des réfugiés (DIAIR), la Métropole de Lyon et Forum Réfugiés-Cosi – Contrat territorial d’accueil et d’intégration des réfugiés (CTAIR) domiciliés dans la Métropole – Demande de subventions

Monsieur le Président, cher-e-s collègues,

Je m’exprime au nom d’André Gachet, des groupes Socialistes et apparentés, LMGS1 et EELV.

Le sujet de l’accueil des migrants est prégnant depuis plusieurs années dans de nombreux pays du monde, en Europe, en France et dans notre territoire. Chacun sait que cette question ira croissant dans les mois et années à venir, tant les causes des migrations sont multiples. Les guerres, les conflits, les crises écologiques, économiques qui deviennent des crises alimentaires et humanitaires, mais aussi les inégalités, les discriminations, conduisent des millions de personnes à se déplacer pour survivre, pour tenter de trouver un pays où un avenir leur sera possible. Notre métropole est comme d’autres en France, un territoire où des migrants arrivent, des jeunes, mineurs non accompagnés ou jeunes majeurs, et des familles. Nous devons y répondre, les conventions internationales nous y obligent, nous le pouvons, si nous le voulons vraiment. Nous, c’est-à-dire, l’ensemble des acteurs publics, dont l’État bien sûr, et les associations, mais aussi les acteurs économiques et les citoyen-ne-s ; nous pouvons offrir un accueil digne, humain et solidaire, dans des projets bien compris par nos concitoyen-ne-s.

Le partenariat proposé dans cette délibération, avec la Délégation interministérielle pour l’accueil et l’intégration des réfugiés et Forum Réfugiés, va permettre de nouvelles actions concrètes pour des réfugiés, en termes d’accès au logement, à l’emploi et d’accès aux droits. Nous soutenons et saluons le dispositif proposé. En effet, en mobilisant conjointement les politiques métropolitaines du logement des personnes défavorisées, de l’insertion et l’intervention des travailleurs sociaux des MDM2, notre collectivité permettra notamment l’accès au relogement pour 20 à 25 jeunes, puis leur accompagnement vers l’insertion et l’emploi, tout en veillant à la continuité dans l’accès aux soins, par exemple.

Ce dispositif est largement financé par la Délégation interministérielle (pour 300 000 €) et la Métropole y contribuera aussi par l’affectation de moyens humains, notamment par 20% du financement d’un poste de chargé de mission Intégration. Le montage partenarial est intéressant et nous ne doutons pas qu’il se déploiera avec succès, par des acteurs compétents et impliqués.

Nous souhaitons qu’après les premiers mois de mise en place, une évaluation soit rapidement conduite et puisse aboutir à augmenter le nombre de jeunes bénéficiaires du dispositif, car les besoins sont bien sûr supérieurs à la vingtaine visée pour démarrer.

Nous souhaitons aussi que d’autres publics que les jeunes puissent être accompagnés, pour expérimenter peut-être des dispositions plus souples que le cadre actuel, dans l’accès à l’emploi par exemple. En effet, aujourd’hui, un demandeur d’asile doit attendre 9 mois après sa demande de statut, avant d’être autorisé à travailler, ce qui, pour ceux ou celles qui seraient aptes à avoir une activité, les empêche de sortir de leur situation précaire, ou de commencer une intégration professionnelle.

Les freins à lever pour un accueil digne de tous les migrants sont nombreux et une volonté politique à toutes les échelles est nécessaire, depuis le niveau européen jusqu’au niveau local.

En dépit de discours xénophobes dans divers pays d’Europe, dont le nôtre, et d’un gouvernement actuel qui durcit ses positions sur le sujet, nous pensons que des actions telles que celle proposée ici montreront leur pertinence et leur efficacité et conduiront à élargir non seulement une vision partagée d’un accueil digne, mais aussi à renforcer à court et moyen termes les moyens humains et financiers nécessaires à l’urgence de la situation. Ces moyens relèvent de l’État, voire de l’Europe, mais ils doivent « atterrir » dans les territoires. Et pour ce qui concerne le territoire métropolitain, outre la Métropole, nous comptons aussi sur une mobilisation des communes pour accepter d’accueillir des lieux d’hébergement de migrants, qu’il s’agisse des MNA3 ou d’autres publics.

Nous partageons tous ici, l’objectif d’être une Métropole inclusive, tant mieux ! Et œuvrons ensemble pour être aussi une Métropole accueillante.

 Je vous remercie.

 

Seul le prononcé fait foi

 

1 Lyon Métropole gauche solidaires

2 Maison de la Métropole

3 Mineurs non accompagnés