Conseil Métropole / PMI’e / Bertrand Artigny
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Conseil de la Métropole du 13 mai 2019

Intervention de Bertrand Artigny

N° 2019-3452 – Programme métropolitain d’insertion pour l’emploi (PMI’e) 2016-2020 – Insertion – Fonds d’appui aux politiques d’insertion (FAPI) – Approbation d’un avenant n°2 à la convention entre la Métropole de Lyon et l’Etat

Monsieur le Président, cher-e-s collègues,

Le groupe EELV votera bien évidemment ce rapport tant il montre chaque année que notre société rencontre d’importantes difficultés structurelles à insérer dans l’emploi de nombreuses catégories de travailleurs.

Mais mon propos est davantage motivé par le rapport d’exécution 2018 annexé à cette délibération. Je tiens à cet égard à saluer les divers engagements pris et les initiatives développées pour favoriser le retour ou l’accès à l’emploi.

Très souvent, lorsque l’on parle d’accès à l’emploi, on évoque les jeunes sans formation, ce qui est un sujet extrêmement préoccupant mais qui renvoie aussi à des problématiques sociales liées à la famille, à l’isolement de certains bassins de vie.

Et on oublie trop souvent que les populations écartées structurellement de l’emploi sont bien plus diverses et que les situations personnelles sont bien plus complexes.

Pour ne donner que quelques exemples, je citerais :

  • les familles monoparentales, et en particulier les femmes issues de l’immigration ;
  • les cadres de plus de 50, voire 55 ans, souvent usé-e-s psychologiquement, et qui ne se sont pas formé-e-s aux évolutions technologiques ;
  • les personnes en situation de handicap, lié non pas à une déficience de naissance mais souvent consécutive à une pathologie contractée dans le milieu professionnel ;
  • les salarié-e-s pour lesquel-le-s une inaptitude de type troubles musculo-squelettiques a été diagnostiquée par la médecine du travail ;
  • les aidant-e-s familiaux, qui s’occupent d’un membre de leur famille (enfant, conjoint, frère ou sœur…) et qui de fait ne trouvent pas un emploi ou une formation qualifiante à proximité de leur lieu de résidence ;
  • celles et ceux qui ont souffert de burn-out et pour lesquels le retour à un travail est très compliqué.

Je pourrais également citer celles et ceux qui souffrent de handicaps non visibles, les fameux « dys », pour lesquels le rythme et les conditions de travail dans les entreprises ne leur permettent pas de s’insérer professionnellement.

Les actions menées par la Métropole sont intéressantes, notamment en ce qui concerne les Itinéraires Emploi et les Itinéraires Activité, mais cela nécessite comme c’est évoqué dans ce rapport une connaissance des métiers et des codes de l’entreprise, et une prise en compte de la santé des salarié-e-s.

Bien entendu, les missions d’accompagnement doivent être saluées, mais comme cela est évoqué, la ou les situations de précarité font que les liens sociaux se distendent, isolant structurellement des populations au sein même de nos quartiers.

Le développement rapide du numérique et des applications digitales changent en profondeur le fonctionnement des systèmes socio-techniques que sont les entreprises. Et contrairement à l’image ou à la bonne conscience que l’on peut se donner, même si les besoins en compétences sont importants, cette quatrième révolution industrielle éloigne de plus en plus les travailleur-se-s les moins bien formé-e-s et les moins bien diplômé-e-s.

Pour aborder de manière globale ces difficultés que je viens d’exposer très brièvement, il est nécessaire de mettre en place sur le territoire de la Métropole un dialogue social territorial, et ce avec les organisations syndicales de salarié-e-s, et ne pas se limiter aux structures gouvernementales et patronales.

Un bel outil a été élaboré récemment, je veux parler du pacte social et écologique, pour donner à chacun le pouvoir de vivre. Il a été signé par plusieurs organisations syndicales et associations, et un des objectifs est de rendre l’entreprise, et le monde du travail, plus accessibles en termes de qualité de vie au travail.

Car comment peut-on parler d’emploi si à la base on ne se préoccupe pas de rendre accessible le travail ?

Je vous remercie de votre attention.

 

Seul le prononcé fait foi