Conseil de la Métropole du 10 décembre 2018

Intervention de Émeline Baume

N° 2018-3257 – Prévention des déchets – Approbation du programme local de prévention des déchets ménagers et assimilés (PLPDMA) 2019-2024

Monsieur le Président, cher-e-s collègues,

Aujourd’hui nous nous engageons tous à diminuer la production de déchets dits ménagers et assimilés sur notre territoire de presque 12 %. Pour mémoire, la loi qui fait référence sur ces sujets, à savoir la loi TECV1 d’août 2015, impose 10 % de réduction aux territoires.

Cette volonté d’accélérer des solutions de consommation meilleures ou éco- responsables pour jeter moins dans sa famille ou son foyer est à saluer !

Car il s’agit bien d’organiser le partage de biens, la circulation de produits et de matières tout en réduisant drastiquement les gaspillages et pollutions grâce à de la logistique, grâce à de la créativité et grâce à une information indépendante et précise.

Notre institution avait dès 2015 envoyé des signaux positifs en s’inscrivant dans la labellisation « Territoire zéro déchet, zéro gaspillage ». Le signal envoyé au territoire à ce moment-là a bien été que ce sont les nouveaux modèles économiques et sociaux, les nouvelles façons d’agir qui nous accélèrerons la sortie « de l’ancien monde », basé sur une accumulation de biens (enfin pour celles et ceux qui le peuvent). Puis, toujours du côté de notre institution, une objectivation de nos besoins territoriaux en termes de ressources, avec la mesure de notre empreinte matérielle (disponible sur le site de Millénaire 3), permet d’affirmer que la sobriété, la circularité et la relocalisation de notre économie sont à intensifier d’urgence.

Plus que de culpabiliser les habitant-e-s sur des pratiques de surconsommation, nous avons à organiser l’offre alternative au consumérisme, au productivisme, qui génèrera de la création d’activité économique et non-économique ici et maintenant !

Ne vous y trompez pas, cher-e-s collègues, le « zéro déchet » plein de bon sens fait écho à de multiples aspirations personnelles ou collectives. J’en citerai quelques-unes :

  • Pour nos bailleurs sociaux, qui y voient avec l’achat groupé et la fabrication de produits ménagers et d’hygiène maison un moyen de répondre au pouvoir d’achat des locataires tout en tissant et maintenant des liens ;
  • Pour les auto-constructeurs/créateurs et réparateurs, afin d’avoir accès à des matériaux et produits parfois de plus hautes valeurs que ce que l’on trouve dans le commerce et qu’on détourne de « la benne » ;
  • Pour nos écoles, afin de redonner toute sa valeur aux plats proposés à la cantine, et de fait investir les euros non gaspillés pour financer de la production locale qualitative ;
  • Pour les femmes et les hommes voulant de la nature en ville et/ou s’exercer au jardinage grâce à cet amendement si important qu’est le compost citoyen ;
  • Pour des organisateurs d’événements, qui ont compris que le tri, la consigne, et toute cette offre de services éco-responsables est attendue par leurs publics.

Ces aspirations convergent vers une limitation du pillage des ressources naturelles finies, de la remise au lendemain ou sur d’autres de nos pollutions et gaspillages.

L’ensemble des actions ont été travaillées grâce à plus de 70 personnes qui ont donné gratuitement temps et bienveillance pour pousser leurs bonnes idées et les frotter aux contraintes sanitaires, environnementales et sociales. Suite à ce processus de groupe de travail encadré par les membres de la commission consultative d’élaboration et de suivi du projet (CCES), dont je salue les membres, une consultation publique par support numérique a été organisée. La centaine de contributions a été étudiée un vendredi soir et a fait l’objet d’un courriel personnel de ma part !

Pour revenir aux contraintes, et pour ce qui est de la contrainte économique, elle a mobilisé beaucoup, et la question de la fiscalité écologique incitative, au service des territoires, fait tellement débat ces jours-ci, entre les gilets jaunes et plus localement la TEOM2, qu’il y a trop à dire. L’essentiel dans le domaine de la réduction des déchets, pour les élu-e-s écologistes, est d’inciter l’État à faire drastiquement appliquer l’ensemble des textes délibérés à savoir les lois Garot (relative au gaspillage alimentaire) et TECV.

Vous le noterez avec le projet de budget 2019, des moyens plus conséquents sont affectés pour agir plus et plus vite ! Soutenir ces actions, ce sont des tonnes en moins sous terre qui n’ont rien à y faire (en enfouissement), des taxes en moins pour notre collectivité (je fais écho à l’évolution de la taxe générale pour les activités polluantes), des activités et des emplois non délocalisables ici et maintenant (l’intensité en emploi est 100 fois plus forte pour une tonne réemployée qu’une tonne enfouie), des femmes et des hommes respecté-e-s ailleurs qui ne recevront plus nos poubelles d’électroniques par exemple pour en récupérer dans des conditions abominables les métaux précieux, des gaz à effet de serre en moins puisque moins d’importation si on fait circuler et partager nos biens, etc.

Ce cercle vertueux est possible parce que des femmes et des hommes compétent-e-s dans des associations, dans des entreprises, portent des solutions que notre politique publique doit valoriser parfois, expérimenter d’autres fois, etc.

Rendez-vous à la CCES dans un an et lors de la prochaine CCSPL3, car le suivi et l’ajustement sont incontournables quand il est question du comportement de chacun-e.

Je vous remercie.

Seul le prononcé fait foi

1 Transition énergétique pour la croissance verte

2 Taxe d’enlèvement des ordures ménagères

3 Commission consultative des services publics locaux