Conseil Métropole / Part-Dieu / Pierre Hémon
Partager

Conseil de la Métropole du 16 décembre 2019

Intervention de Pierre Hémon

N° 2019-4028 – Rapport des mandataires – Société publique locale (SPL) Lyon Part-Dieu – Exercice 2018

SPL Part Dieu

Avoir créé une Société Publique Locale pour mieux contrôler, organiser, réguler les travaux et les opérations d’aménagement qui transforment ce quartier était et reste une bonne idée. Tout comme la clause d’insertion pour les entreprises réalisant les travaux sous maîtrise d’ouvrage SPL qui ont permis en 2018 que 2600 heures d’insertion soient réalisées.

 

Un État dans l’État

Mais une SPL est un bon outil à la condition essentielle que ses objectifs soient partagés, sa gouvernance transparente, et que les retours vers les citoyen-ne-s et les élu-e-s soient suivis d’effets. Nous avons ici plutôt l’impression d’être confronté-e-s à un État dans l’État.

Le « comité d’information et de participation » mis en place en 2015 pour aborder l’actualité des chantiers, ne s’est réuni qu’une fois en 2018. C’est vraiment très peu et il n’est pas possible d’affirmer qu’il a vraiment « associé l’ensemble des usagers du quartier à l’élaboration du projet urbain ».

Le bilan et la gestion comptable ne posent pas de problème. En revanche ce projet souffre de l’insuffisante prise en compte de l’urgence climatique, de l’insuffisante prise en compte des nécessaires changements à l’œuvre ou à venir.

 

Stop au Béton – Bitume !

Et demeurent des orientations beaucoup trop « béton bitume », orientations à la place desquelles nous proposons des alternatives nettement plus respirables et vivables. Trois exemples importants, trois sujets incontournables pour les écologistes.

Premier exemple : si certains répètent à satiété leur souhait de faire de ce quartier un « quartier à vivre », leur vœu reste purement incantatoire puisqu’il ne se traduit concrètement que par un accompagnement béat, acritique du projet actuel. Les écologistes portent réellement cette ambition de « quartier à vivre », de quartier qui résiste au réchauffement climatique. Ils portent les mesures nécessaires à cette ambition. Oui, il est urgent de faire « moins de bureaux et plus de logements ». Oui, les tours ça suffit, et nous ferons en sorte que la tour To-Lyon soit la dernière. Car enfin voir ce quartier comme le pendant de La Défense, comme le miroir de Manhattan, comme un avatar des années 70 remixé ou plutôt greenwashé, n’est plus acceptable. Mais c’est surtout significatif de l’incompréhension des enjeux à l’œuvre aujourd’hui, de l’incapacité à y répondre.

 

Moins de voitures, plus d’espaces verts

« Moins de bureaux, plus de logements » disons-nous, mais aussi moins de voitures et plus de place pour les piétons et les vélos, plus d’espaces verts. Pour rappel il est toujours envisagé dans le projet +17 % de circulation automobile en 2030 ! Alors que l’on vient de vivre l’expérience de la fermeture du tunnel Vivier-Merle qui n’a pas provoqué les forts encombrements envisagés, la circulation automobile s’étant très vite adaptée. Une partie du trafic s’est là encore évaporé. Mais rien n’y fait et on envisage de conséquentes constructions de parkings voitures. L’augmentation de la part des vélos n’est qu’un copié-collé du PDU1, soit 8% à 2030, sans le minimum de réflexion. Minimum de réflexion qui voudrait qu’une part modale de 8% à l’échelle de la Métropole se traduise ici par une part d’au moins le double bien sûr. Mais malgré nos remarques rien ne bouge !

 

Stop au Parking sous Béraudier

 En revanche le parking sous la place Béraudier continue à enfler pour atteindre plus de 1000 places maintenant ! Quel gâchis ! Alors que nous savons que par exemple LPA2 and Co qui gère des places de parking privées mises en location, gère aujourd’hui plus de 400 places dans le quartier. Mais fi des solutions un tant soit peu innovantes, on reste dans le dur, on creuse, on creuse. Nous souhaitons stopper ce projet.

 

Bouchut = Espace vert

Plus d’espaces verts, plus de végétalisation, ne peut se réduire à quelques roof-top. Ce sont des espaces verts de plain-pied que demandent nos concitoyen-ne-s. Et nous disons – la fermeture du tunnel Vivier-Merle l’ayant démontré – nous disons qu’il est possible de ne pas ouvrir la rue Bouchut à la circulation automobile et qu’il faut donc faire de cet espace un vrai espace vert arboré en pleine terre, ce qui ferait un parc bien nécessaire dans ce quartier.

 

Seul le prononcé fait foi

 

1 Plan de déplacements urbains

2 Lyon Parc Auto