Conseil Métropole / Navette autonome / Pierre Hémon
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Conseil de la Métropole du 13 mai 2019

Intervention de Pierre Hémon

N° 2019-3446 – Décines Charpieu – Création de la liaison en navette autonome Station Décines-Grand Large de la ligne T3 / Parc de l’Olympique Lyonnais – Convention de maîtrise d’ouvrage, de financement, et définissant les conditions d’exploitation avec le Syndicat mixte pour les transports du Rhône et de l’agglomération lyonnaise (SYTRAL) – Individualisation complémentaire d’autorisation de programme

Voiture autonome vs véhicule autonome

Monsieur le Président, cher-e-s collègues,

Cette expérimentation est intéressante à mener, car en cas de succès, ce type de navette collective pourrait s’avérer très utile en bien des endroits où mobiliser un bus par exemple n’est ni facile, ni franchement pertinent.

En effet, le véhicule autonome comme navette à la demande pour les tous premiers ou tous derniers kilomètres en renforcement d’un réseau de transports en commun semble la promesse la plus tenable et la plus souhaitable puisque compatible avec nos politiques de mobilité, avec notre volonté de réduire l’autosolisme, avec notre volonté d’apaiser le trafic, de sécuriser les déplacements de tou-te-s.

Autant la voiture autonome individuelle en ville serait contre-productive puisqu’elle augmenterait le trafic, augmenterait la congestion, voire, si l’on en croit l’étude réalisée par ARCADIS à New York City en 2017, provoquerait une forte désaffection du réseau de transports en commun.

De fait, l’enjeu est de taille : soit nous laissons faire le « marché » et laissons sans réagir se développer une concurrence au réseau de transport collectif, soit nous influons pour que, via le véhicule autonome collectif, se développe une complémentarité avec le réseau. Complémentarité qui pourrait aussi générer moins de besoins de stationnements sur voirie, et libérer ainsi de l’espace pour la vie citoyenne, pour renforcer la végétalisation, pour augmenter l’espace dédié aux modes actifs, et donc pour mieux lutter pour réduire les effets du réchauffement climatique.

C’est donc bien cette vision du « Véhicule Autonome Collectif » à l’opposé de celle de « Voiture Autonome » qu’il convient de soutenir. L’enjeu est réellement de taille, puisqu’il s’agit de contrebalancer, de lutter contre le lobbying des Uber, Google et autres Tesla.

Et notre Métropole, de par sa taille, de par sa puissance économique, peut et doit soutenir cette expérimentation pour pousser et orienter les filières industrielles vers cette finalité. Et cela impose, si l’on veut être cohérent, de s’approprier ces nouvelles technologies et usages pour mieux pouvoir les maîtriser, les réguler et les encadrer à terme.

Enfin, ces technologies pourraient d’ores et déjà s’adapter aux véhicules actuels. En effet, en permettant l’aide à la conduite, on augmenterait la sécurité des déplacements. Il deviendrait possible de limiter automatiquement la vitesse des véhicules et ainsi par exemple et au hasard de réduire encore la vitesse de circulation sur le périphérique sans le risque d’amendes pour excès de vitesse… Il deviendrait possible d’éliminer en ville ralentisseurs et autres coussins berlinois. Les voitures respecteraient les limitations de vitesses, ralentiraient à l’approche de passages piétons et même, mais là c’est presque de la science-fiction, s’arrêteraient pour laisser traverser les piétons sur les passages dédiés !

Merci de votre attention.

 

Seul le prononcé fait foi