Conseil Métropole / Institut franco-chinois / Bertrand Artigny
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Conseil de la Métropole du 5 novembre 2018

Intervention de Bertrand Artigny

N° 2018-3076 – Lyon 5° – Attribution d’une subvention à l’association Nouvel institut franco-chinois pour son programme d’actions 2018

Monsieur le Président, cher-e-s collègues,

Le 25 septembre 2018, M. Meng Hongwei, alors directeur d’Interpol, résident à Lyon, était arrêté à sa descente d’avion à Pékin.

Le 13 juillet 2017 mourait en prison M. Liu Xiaobo, prix Nobel de la paix, après que le gouvernement chinois ait refusé qu’il se fasse soigner en Europe ; son épouse Mme Liu Xia restait retenue de manière arbitraire ; leur crime : être poète essayiste et critique littéraire.

Il y a quelques semaines, le WWF présentait la situation catastrophique que représente l’extinction de près de 60% des vertébrés de la planète…. mais dans le même temps, la Chine autorisait le commerce de produits issus du tigre et du rhinocéros : une provocation !

Alors que la Chine est un des pays les plus répressifs au monde (rappelons-nous la place Tian’anmen), que la peine de mort y est appliquée sans sourciller, que les atteintes à l’environnement sont légitimées au nom de la croissance économique, il nous est demandé aujourd’hui d’approuver une subvention de 35 000 € à l’Institut franco-chinois dont la vocation est – je cite – de « symboliser l’amitié franco-chinoise » et de promouvoir « la culture chinoise ». Mais qu’en est-il de la culture tibétaine, de la culture ouïghoure pour ne citer que ces deux exemples ?

Je souhaite citer le Président de la République qui déclarait en septembre 2017 : « les échanges diplomatiques et économiques de la France avec la Chine ne sauraient justifier qu’on recouvre d’un voile pudique la question des droits de l’homme ». Mais peut-être ne sont-ce finalement que des paroles en l’air.

En effet, de nombreux observateurs notent une très forte détérioration des droits de l’Homme depuis l’arrivée au pouvoir de M. Xi Jinping, alors que s’exprime en même temps une très forte volonté d’accentuer la croissance chinoise et de faire de la Chine un acteur essentiel de la scène internationale.

La notion de droits de l’homme ne doit pas avoir la même définition de ce côté du Tibet : l’arsenal législatif qui contrôle les ONG, la surveillance des réseaux Internet, le contrôle policier des Tibétains et les internements du peuple ouïghour, sans inculpation ni jugement, ne sont pas acceptables et ne peuvent s’inscrire dans le cadre du « développement des liens entre la Métropole et la Chine ».

Certes, notre collectivité n’est pas tenue de s’inscrire dans le champ diplomatique. En revanche, étant membre du Nouvel institut franco-chinois, elle peut exiger au nom de notre définition occidentale des droits de l’homme, considérant la liberté d’expression comme fondamentale, que l’Institut puisse donner à ses visiteur-se-s l’accès à des ouvrages tels que la revue intellectuelle « Regard sur les Ouïghour-e-s », ou les œuvres de M. Liu Xiaobo. Demande que nous avions déjà faite mais qui est restée sans réponse !

Enfin, notre groupe souhaite, Monsieur le Président, que vous demandiez des informations précises sur la situation de Mme Meng, et que notre Métropole lui assure soutien et protection, car elle est aujourd’hui résidente sans droit.

Les élus EELV ne voteront pas cette subvention.

Merci de votre attention.

 Seul le prononcé fait foi

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