Conseil Métropole / Ecoréno’v / Bruno Charles
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Conseil de la Métropole du 29 janvier 2020

Intervention de Bruno Charles

N° 2020-4206 – Volet habitat du plan climat – Dispositif ECORENO’V – Individualisation complémentaire d’autorisation de programme

Monsieur le Président, cher-e-s collègues,

Il y a quelques jours, le chiffre de l’inflation pour l’année 2019 a été publié. La hausse des prix a été en moyenne de 1,1 % dans notre pays. Mais ce chiffre cache des disparités importantes :

  • Le prix des denrées alimentaires a augmenté de 2,9 % ;
  • Le prix de l’énergie a augmenté de 1,3 %, soit une augmentation supérieure à la moyenne et surtout qui fait suite à une augmentation de 9,7 % l’an dernier.

À l’inverse, le prix des produits manufacturés a baissé de 0,2 %.

Si on ajoute l’évolution du prix du foncier et des loyers, puisque le projet d’encadrement des loyers mis en place par Cécile Duflot a été désavoué par les gouvernements suivants, ce sont les dépenses contraintes, celles à qui personne ne peut échapper, les dépenses liées aux besoins fondamentaux – se nourrir, se loger, se chauffer et se déplacer – qui augmentent beaucoup plus vite que l’inflation moyenne.

Et ces dépenses composent une proportion bien plus importante pour les ménages à bas revenus et même pour les classes moyennes que pour les plus riches.

Autrement dit, il y a bien dans notre pays l’inflation des riches et l’inflation des pauvres. Et les pauvres et les classes moyennes voient leur reste à vivre fondre d’année en année, de mois en mois et basculent vers une économie de la survie de plus en plus difficile.

Et en ce qui concerne l’énergie, cela ne va pas s’améliorer : le projet récemment dévoilé par le gouvernement pour sauver le nucléaire aura pour conséquence, comme le mentionne ce jour le journal Le Monde, je cite, « une hausse par étapes du tarif de l’électricité ». Cela va commencer par une hausse de 2,4 % au 1er février.

Alors malheureusement, il faut être lucide, la société en sablier décrite par l’économiste Alain Lipietz, celle où les pauvres et les classes moyennes se sentent glisser du sablier du haut vers le sablier du bas, va continuer à saper le contrat social. Et la fabrique à gilets jaunes n’est pas prête de s’arrêter de fonctionner.

Alors nous sommes fiers d’avoir fait apparaître cette réalité dans le cadre du plan climat du Grand Lyon et démontré qu’une politique de lutte contre le réchauffement climatique est aussi une politique de lutte contre la pauvreté, ce que sur les bancs de cette assemblée beaucoup opposaient au départ.

Mais beaucoup affichaient aussi leur scepticisme quant à la réussite de cette action. Et il est vrai que cela implique de faire prendre des décisions à des propriétaires privés, ce qui n’est pas du tout évident.

Alors nous voulons saluer la montée en charge de cette politique et le travail accompli par Béatrice Vessiller, les équipes du Grand Lyon et aussi de l’Agence locale de l’énergie et du climat, puisque nous avons subventionné en 2019 dans le cadre d’Ecoréno’v autant de réhabilitations thermiques que dans les cinq années précédentes cumulées. Nous saluons la décision du président de la Métropole d’augmenter les crédits dédiés à cette politique.

C’est d’ailleurs aussi une bonne affaire économique et même fiscale puisque chaque euro de subventions déclenche sept euros de travaux et les recettes fiscales qui sont liées. L’enjeu des dix prochaines années est de maintenir le rythme de 2019 avec 10 000 réhabilitations financées par Ecoréno’v chaque année.

Nous voterons bien sur cette subvention et nous sommes heureux d’avoir fait naître cette politique.

Je vous remercie.

 

Seul le prononcé fait foi