Conseil Métropole / Débat d’orientations budgétaires : priorité au social et à l’environnement ! / Bertrand Artigny
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Conseil de la Métropole du 15 décembre 2017

Intervention de Bertrand Artigny

 

N° 2017- 2445 Débat d’orientations budgétaires 2018 – Tous budgets

 

Monsieur le Président, cher-e-s collègues,

Tout d’abord, merci à M. Brumm et aux équipes pour la clarté de la présentation de ce dossier complexe.

Mais le rapport qui nous est présenté ce soir n’est pas très réjouissant : non seulement, depuis 2014, nous avons dû absorber les baisses des dotations de l’État, mais nous avons aussi eu à gérer une dette qui nous a été transférée avec la création de la Métropole. Et aujourd’hui, même si la DGF1 pour 2018 est stable, nous sommes contraints de limiter l’augmentation de nos dépenses de fonctionnement à 1,2% par an – inflation comprise – et ce, sur les 5 prochaines années, sans connaître à ce jour le périmètre précis de cette contrainte.

Comme le disaient quelques vice-présidents lors d’une récente réunion, nous attaquons l’os et nous devons nous interroger sur les politiques que nous menons.

Par exemple, nous venons juste de voter le rapport sur l’égalité femme-homme, dont nous avons souligné les avancées qu’il montre. Mais sincèrement, pourrons-nous tenir nos engagements en matière de lutte contre les violences faites aux femmes dans ce contexte de limitation budgétaire ?

Dans le même ordre d’idée, nous baissons systématiquement les subventions aux associations, notamment celles qui s’occupent d’enfants, de personnes en situation de handicap, des personnes âgées et du logement. Nous atteignons là des limites de la décence, alors que par ailleurs nous soutenons des structures associatives censées dynamiser l’emploi et l’économie locale, mais dont nous attendons toujours les effets concrets.

Enfin, nous avons voté, il y a quelques semaines, et avec enthousiasme le projet métropolitain des solidarités … mais avec ce cadrage, pourrons-nous le mettre en œuvre ?

Alors oui, monsieur le Président et cher-e-s collègues, il est temps de revoir notre stratégie et de reconsidérer à mi-mandat, les politiques structurelles qu’il nous faut mener de manière pérenne pour le bien-être de nos concitoyens.

Pour une fois, notre groupe saluera les déclarations du président Macron en faveur de l’écologie, et nous sommes d’accord pour dire avec lui que la bataille du changement climatique est en passe d’être perdue. Mais nous ne pouvons pas nous contenter de grandes phrases sans lendemain.

Pour les élus EELV, il est grand temps de faire de vrais choix prioritaires qui doivent orienter nos politiques dans le sens de la transformation écologique de nos sociétés. Cela passe par des projets du 21ème siècle et non des projets du passé, et aussi par des moyens supplémentaires attribués aux collectivités qui ont des actions volontaristes. En ce sens, nous sommes favorables à l’attribution d’une part de la Contribution énergie climat aux collectivités qui ont adopté un PCET2. Des amendements dans ce sens ont été approuvés au Sénat et nous espérons que l’Assemblée et le gouvernement valideront ce principe.

Au plan local, nous souhaitons une priorisation sur :

  • La mise en œuvre d’une économie circulaire territoriale créant des emplois utiles et organisant les nécessaires flux de matières et de biens évitant ainsi le pillage et le gaspillage de nos ressources ;
  • La préservation de nos espaces naturels, de nos ressources en eau, de la qualité de l’air, la création de la ZFE3 dès 2018 ;
  • Le soutien à une agriculture locale, respectueuse de l’environnement et sans glyphosate ;
  • Le développement des mobilités actives ;
  • La rénovation des bâtiments. Le bilan d’ECORENOV montre qu’il faudra sans doute augmenter l’enveloppe annuelle de 5M€/an de la PPI4. Il nous faut aussi un budget d’investissement vers la rénovation thermique des collèges, en mobilisant les aides annoncées par le gouvernement ;
  • Le soutien aux associations défendant les plus fragiles de nos concitoyens ; la baisse de 6% pénalise les acteurs locaux qui sont de véritables partenaires pour la mise en œuvre de nos politiques de solidarité et de la transition écologique ; elles doivent en avoir les moyens.

Nous voterons bien évidemment ce rapport, car nous savons que nous avons les ressources et les compétences pour faire face à ces enjeux, mais désormais il nous faut définir pour les quelques années qui nous restent dans ce mandat, une autre stratégie avec d’autres priorités vers plus de social et vers plus de protection de notre environnement.

Merci pour votre attention.

Seul le prononcé fait foi

Dotation globale de fonctionnement

2 Plan climat énergie territorial

3 Zone à faibles émissions

4 Programmation pluriannuelle des investissements