CONSEIL METROPOLE / SECURITE / BERTRAND ARTIGNY / 6 NOVEMBRE 2017
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Conseil de la Métropole

Sécurité ou cybersécurité : quel territoire voulons nous ? 

Bertrand Artigny / 6 novembre 2017

 

N° 2017-2264 et 2265        Subvention à l’association FITS (forum international sécurité) et subvention à l’association IU cyber

M. le président, cher-es collègues

Ces deux rapports montrent à quel point notre société s’est fragilisée en se laissant envahir par les technologies numériques et comment le marché de la peur est devenu un facteur de croissance et de développement, sous le nom de Cybersécurité.

Nous pourrions entrer dans un débat idéologique, de type Big Brother, mais cela n’amènera qu’à une confrontation a priori, de convictions et de croyances qui risque fort d’être stérile.

Je vais donc essayer d’être pragmatique et rationnel, en me cantonnant aux faits présentés dans ces deux rapports.

Tout d’abord, il nous est indiqué que le secteur de la sécurité représente près de 26 300 emplois sur la métropole. Mais de quoi s’agit-il au juste : s’agit-il d’emplois statutaires, d’intérimaires, de sous-traitance de gardiennages ou de groupes de sécurité privés ?

Ces emplois sont-ils utiles à l’urgence de protection des données personnelles et individuelles, ou de la lutte contre le terrorisme et le crime organisé, ou relèvent-ils de la protection de brevets ou d’installations industrielles qui devraient être de la responsabilité pleine et entière des entreprises privées ?

Cette filière  » sécurité » recouvre donc des réalités et enjeux très divers qui peuvent aller jusqu’à la protection de systèmes en développement de  » ville intelligente ».

Mais, en tout état de cause, ce qu’il nous est demandé aujourd’hui est d’approuver le financement d’une étude de faisabilité et d’opportunité de la mise en place d’un campus qui doit :

  • ·     Mieux définir ce concept

  • ·     Identifier les acteurs qui pourraient y participer

  • ·     Définir une stratégie de communication

  • ·     Articuler des offres de service

  • ·     etc

En d’autres termes, il est question d‘une étude de marché qui ne créera pas d’emplois directs, et pour laquelle les entreprises – dont la plupart sont très puissantes et disposent de ressources financières considérables – ne participeront qu’à hauteur de 7% du budget global, alors que les fonds publics – soit 66.000 € auxquels nous participerons à hauteur d’un tiers – permettront de couvrir les factures de cabinet de conseil et les frais de mission.

Quant à l’association IU Cyber, les fonds publics serviront surtout à financer :

  • ·     une stratégie de communication et de l’évènementiel,

  • ·     la fédération de pavillons lors de salons

  • ·     le développement d’un site Web

  • ·     L’organisation d’évènements de networking,

  • ·     … et la recherche de nouveaux membres

En commission, EELV a demandé à ce que soit présenté un diagnostic global comprenant le nombre et le type d’emplois générés, les qualifications requises, ainsi que les enjeux économiques pour notre territoire. Il a été convenu que cela soit le cas lors d’une prochaine commission.

Et comme EELV défend aussi le concept de  » ville intelligente » comme outil au service de la transition écologique, et que nous sommes favorables à l’ouverture et au partage des données et des logiciels libres, pour ce qui relève des communs, nous avons conscience que la question de la protection des données est fondamentale.

C’est pour cela que les élus d’EELV s’abstiendront sur ces deux rapports malgré nos réticences évoquées précédemment.

Seul le prononcé fait foi