Conseil Métropole / Politique agricole / Bruno Charles
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Conseil de la Métropole du 16 mars 2018

Présentation de Bruno Charles

N° 2018-2666 – Politique agricole de la Métropole de Lyon pour 2018-2020

 

M. le Président, cher-e-s collègues,

 

La délibération que nous présentons ce soir est un moment fondateur. Elle est la première délibération donnant un cadre stratégique pour une politique agricole de notre métropole. Non pas que la communauté urbaine ne faisait rien auparavant, puisque le Grand Lyon agissait déjà en faveur de la protection des espaces et du foncier agricoles par l’intermédiaire de ces outils réglementaires, et aussi aux côtés du département qui était compétent pour la mise en place des PENAP.

Mais depuis la création de la Métropole, nous sommes devenus pleinement compétents en matière d’agriculture, notamment en ce qui concerne l’aide directe aux agriculteurs et aux filières, en lien bien sûr avec l’Etat et les politiques européennes.

Et en premier lieu, cette délibération est l’occasion de reconnaître l’importance de l’agriculture dans notre métropole. Certes le nombre d’exploitations agricoles n’est pas énorme, nous en comptons 340 sur notre territoire, c’est-à-dire 6% du nombre d’exploitations agricoles de l’ancien Rhône. Mais si l’on compte le nombre d’emplois dans toutes les filières amont et aval, ce sont près de 9000 emplois et 900 entreprises qui sont présentes sur notre territoire. Et une des particularités de notre territoire, c’est que toutes les filières sont présentes, depuis l’arboriculture jusqu’à l’élevage, en passant par les maraîchers, les céréaliers et la viticulture.

Afin de définir une politique partagée par les acteurs du territoire, nous avons engagé, avec Lucien Barge et les services, une concertation tant thématique que territoriale, en réunissant les agriculteurs, les élus et les associations du territoire.

 

Les axes stratégiques que nous vous soumettons ce soir sont le fruit de cette élaboration commune. Ils sont au nombre de 5 :

1. L’augmentation de la valeur ajoutée dans les exploitations et en corollaire celle de la part des produits cultivés et consommés sur notre territoire

Une première étude nous a donné un chiffre qui nous a surpris : 98% des produits consommés sur le territoire de l’aire urbaine, c’est-à-dire à peu près dans un cercle de 50 km autour de Lyon, sont importés. Plus surprenant, 97% des produits cultivés ou élevés sur ce même territoire sont exportés.

Il faut bien sûr corriger ce chiffre car une partie des productions du territoire sont transformées en dehors du territoire et reviennent. Nous sommes en train de calculer ce chiffre. Mais nous avons une marge de progression sur la consommation de proximité.

Et bien sûr, en diminuant le nombre d’intermédiaires, nous pouvons augmenter la part du prix final qui revient aux producteurs.

2. Le soutien à la transmission des exploitations, l’installation et l’emploi

Comme sur tout le territoire français, la pyramide des âges des agriculteurs est déséquilibrée : en 2010, lors du dernier recensement agricole, 62% des chefs d’exploitations de la métropole avaient plus de 50 ans.

Et si la proximité de la ville peut être une chance, elle rend le coût d’une installation plus onéreuse pour un jeune agriculteur, surtout s’il doit acquérir des bâtiments d’exploitation. D’autant que la plupart des installations se font aujourd’hui hors cadre familial.

Si nous voulons maintenir des agriculteurs sur notre territoire, l’intervention publique sera nécessaire, et c’est à ce titre que nous vous proposons des modalités de mise en œuvre du droit de préemption lié aux PENAP.

3. La préservation de l’outil de production et la diversité des exploitations présentes

4. L’adoption de pratiques agro-écologiques comme levier de développement

A ce titre, nous avons déjà financé des diagnostics de plus de 60 exploitations agricoles pour l’amélioration des pratiques agro-environnementales.

5. La préparation de l’avenir par le renforcement des liens avec la recherche et l’innovation

A ce titre, je voudrais notamment me féliciter de l’adhésion de la Chambre d’agriculture au Plan climat de la Métropole, tant le changement climatique va impacter en premier lieu les pratiques agricoles.

Ces axes de travail se concrétisent par un budget de 5 millions d’euros pour la période 2018-2020, également répartis entre investissement et fonctionnement.

 

En conclusion, je voudrais d’abord me féliciter de la qualité du travail fait avec la profession agricole et en particulier la Chambre d’agriculture. Ensuite souligner quelques expérimentations que nous menons avec les agriculteurs, par exemple celle qui réunit les céréaliers du GEDA de l’Ozon et l’association Arthropologia. Ce n’est pas une mince satisfaction que de faire travailler ensemble deux mondes qui ne se parlaient pas, les associations naturalistes et les céréaliers. Et si nous réussissons à faire baisser l’utilisation de pesticides grâce à des méthodes écologiques, nous ferons école.

 

Avis favorable de la commission.

 

Seul le prononcé fait foi